jeudi 11 septembre 2014

Région Midi-Pyrénées : controverse autour de l'attribution de marchés

Une enquête préliminaire a été ouverte, hier, sur des passations de marchés publics par la région Midi-Pyrénées à des sociétés dirigées par des proches de Kader Arif.
«La pire des médisances, c'est l'insinuation». Martin Malvy, le président (PS) de la région Midi-Pyrénées s'est dit scandalisé, hier, après la publication le jour même par le Canard Enchaîné d'un article intitulé «La petite Bygmalion du PS cassoulet», en référence à la société gérée par des proches de Jean-François Copé et au cœur de l'affaire des fausses factures présumées lors de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012.
L'hebdomadaire s'interroge, en effet, sur des liens éventuels entre deux sociétés toulousaines, AWF Music et AWF, gérées par des parents proches de Kader Arif, ministre PS délégué aux Anciens combattants, et l'obtention d'importants contrats de la région par ces PME spécialisées dans la sonorisation et l'éclairage d'événements.
C'est l'omniprésence de ces PME lors des attributions d'appels d'offres, qui a éveillé les soupçons du groupe d'opposition UMP «Osons Midi-Pyrénées». «Entre 2009 et 2014, 242 factures ont été acquittées par la région pour environ 2 millions d'euros» ont affirmé, hier lors d'une conférence de presse, Elisabeth Poucheron et Vincent Terrail-Novès, deux élus UMP.
Selon eux, la société AWF Music (*), dirigée par des parents de Kader Arif, dont son frère, a remporté en 2009 un contrat de quatre ans. «1,7 million d'euros a été réglé par la région» affirment-ils. À l'été 2013, un nouvel appel d'offres est lancé pour un montant de 2,8 millions d'euros sur quatre ans.
«Deux sociétés ont alors présenté une offre : AWF, dirigée par des neveux de M. Arif, et une seconde baptisée All Access, créée le même jour que la première et par les mêmes dirigeants. Après avoir été classé sans suite, ce marché a été accepté. Pourquoi ?» interrogent les deux élus.
S'ils n'accusent personne, faute de preuves tangibles, ils s'étonnent de l'absence de concurrence sur de tels marchés de plusieurs millions d'euros. «Nous ne sommes ni des enquêteurs, ni des juges. Nous voulons comprendre. Mais si ces anomalies sont avérées, c'est grave» ajoute Mme Pouchelon.
Contacté hier par téléphone, M. Arif a fait savoir qu'il ne «souhaitait pas réagir à ces informations de presse».
(*) Cette société a été liquidée en 2014

http://newsletter.ladepeche.fr/Go/index.cfm?WL=33219&WS=291720_2501986&WA=6513

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